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Cui’Son au Lavoir

Invitée par l’AADN, l’équipe de Cui’Son s’est installée pendant une semaine au Lavoir Public avant de présenter sa performance de cuisine sonore au public, le 26 octobre.
Au menu de la résidence : briefings, tests, remaniements, open-ateliers, debriefings – le tout accompagné d’omelettes, makis, taboulé ou autre cervelle de canut !

Rencontre avec l’équipe quelques heures avant la restitution publique.

– Racontez-moi : qu’est-ce qui a poussé deux cuisiniers à s’associer à deux musiciens pour monter ce spectacle atypique ?

Nous, cuisiniers d’Imago, on trouvait ça amusant de jouer avec la matière sonore qu’on produisait en cuisinant ; on a eu envie d’expérimenter cela de manière plus poussée.
En discutant avec Matwo et Emeric, deux musiciens, on a imaginé une performance à partir de cette association ; ensemble on a eu l’occasion d’expérimenter un travail commun une première fois en participant à l’événement Station:Appartement, au printemps 2012. Suite à ce premier essai plutôt réussi, il semblait cohérent et naturel de vouloir poursuivre en postulant à Videophonic !

– Comment avez-vous vécu la résidence, quel était votre objectif principal ?

Nous avons fait le choix de déconstruire la performance qu’on avait mise en place pour Station:Appartements avant de la reconstruire entièrement en mode « spectacle ».
Créer un véritable lien entre la musique et la cuisine, travailler l’interaction entre les cuisiniers et les musiciens : voilà l’ambition qu’on s’était fixée.
D’ailleurs, nous musiciens on est habitués à être sur scène, mais les cuisiniers n’ont pas l’habitude de travailler devant un public – il fallait donc qu’ils deviennent « acteurs » pour l’occasion !
Revoir les choses sous cet angle nous a obligé à changer un peu au dernier moment le menu qu’on voulait proposer au public : au lieu de présenter 5 plats différents, on a fait le choix de n’en faire qu’un pour nous concentrer sur le jeu, la manière dont les cuistots cuisinent quand ils sont en spectacle et non pas dans leur cuisine d’Imago…

– Je crois que la question de la scénarisation a aussi occupé une bonne part de votre travail tout au long de la semaine : qu’en est-il ?

Oui, il est difficile d’écrire une trame très détaillée tout en conservant la part d’improvisation, obligatoire dans notre performance.
Pour les cuisiniers comme pour les musiciens, chacun sait ce qu’il a à faire mais on ne peut pas connaître le résultat à l’avance : qu’est-ce que le tout compilé peut donner ? Le minutage ne peut être trop précis, dépendant aussi de contraintes sur lesquelles on a pas de prise (la cuisson prend plus de temps que prévu, la matière sonore est plus forte ou au contraire trop faible par rapport à l’essai précédent, etc.)
Le compromis que nous avons trouvé, c’est d’écrire la « partition » de chacun en nous fixant des points de rencontre, des moments où l’on suspend le jeu pour se recaler les uns par rapport aux autres.

– Nous sommes au Lavoir Public, où vous avez passé une semaine à travailler. Lieu atypique, le Lavoir vous a-t-il contraint dans votre travail ? ou au contraire vous a-t-il permis de nouvelles expérimentations ?

D’abord, on peut dire que l’accueil s’est très bien passé au Lavoir : le fait qu’Olivier Rey et Julien Ribeiro nous voient travailler nous a beaucoup aidé. Sur leurs conseils, nous avons travaillé à un décor, une mise en scène.
Par contre, c’est vrai qu’il y avait aussi des contraintes à travailler dans un lieu qui résonne, dont les réverbérations sont trop longues par rapport aux sons produits par les musiciens. Il a fallu s’adapter et recomposer de nouveaux effets sonores. Cela dit, c’était positif puisqu’on a découvert de nouveaux « trucs » qu’on a ajouté à la performance : notamment l’effet xylophone qui arrive en toute fin du spectacle et qui crée vraiment un effet de surprise auprès du public.

– Quelles suites pour le projet ?

On veut poursuivre ! Une semaine de résidence, ce n’est pas du luxe pour se caler, mais il faudrait d’autres moments comme celui-ci dans l’année pour qu’on avance vraiment.
En attendant, on espère pouvoir se produire à d’autres dates… on vous tiendra au courant !

Quelques heures plus tard, on pouvait donc assister à la performance de Cui’Son.
Devant 90 personnes, la restitution publique clôturait cette étape de création.

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